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La ministre de l'agriculture veut accroître les contrôles des denrées importées

La ministre de l'agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi son intention d'accroître les contrôles des denrées importées, sujet inflammable pour les agriculteurs quand ces produits contiennent des pesticides interdits dans l'UE, avec la création d'une brigade « dédiée » composée d'une centaine d'agents.

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Cette brigade, « dès la première année, devra réaliser a minima 3 000 contrôles sur l'ensemble du territoire », a-t-elle dit à la plateforme cargo d'Air France de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

La ministre avait annoncé son intention de lancer cette brigade dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, et a depuis réitéré cette promesse dans le cadre des différentes annonces pour calmer les manifestations d'agriculteurs, qui ont parfois effectué eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes.

Ces agents, dont elle n'a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront « les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés », s'ajoutant à ce qui se fait déjà en ports et aéroports.

« C'est fondamental pour nos agriculteurs qui ne supportent pas qu'on puisse accepter sur notre territoire national des denrées produites à des conditions différentes des nôtres. C'est une concurrence insupportable à leurs yeux », a-t-elle déclaré, devant des palettes d'aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d'Afrique du sud.

Les agriculteurs expriment depuis des mois leur colère, liée notamment à l'accord de libre-échange entre l'UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l'arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que les normes européennes.

« C'est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l'ensemble des consommateurs français, mais aussi à l'Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées » de pays tiers, a dit la ministre jeudi.

En France, dans les ports et aéroports, outre des contrôles documentaires « systématiques », des échantillons sont prélevés et analysés en laboratoires d'Etat, expliquent les Douanes.

Pour les végétaux, quelque 400 pesticides interdits sont recherchés, via des tests pouvant prendre jusqu'à 30 heures, a expliqué Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes).

Ces contrôles se font selon le produit et le pays d'origine, en fonction d'une liste dressée par l'UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10% à 50%, selon les Douanes.

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